Nos conseils pour les responsables éditoriaux travaillant avec des indépendants

par Andy Hirschfeld
12 juil 2021 dans Etre freelance
Bureau

En tant que freelance, il est bienvenu de voir un éditeur ou un média publier un guide pour présenter leurs attentes en termes de pitchs d'articles. Cela nous aide à savoir comment personnaliser nos propositions, notre style d'article et notre planning de reportage au média.

Malheureusement, il n'existe pas de guide pour aider les rédacteurs en chef à travailler avec le nombre croissant de journalistes indépendants talentueux sur le marché du travail. Cela a donné lieu à des situations horribles auxquelles personne ne veut être confronté à nouveau.

Voici donc un guide à destination des responsables éditoriaux sur les faux pas courants à éviter et ce que les freelances apprécient lorsqu'ils travaillent avec eux.

Soyez clair sur votre manière de réviser les textes

Cela peut sembler évident, mais les freelances travaillent avec une grande variété de responsables éditoriaux. Si l'un d'eux peut aimer avoir un projet impeccable qui ne nécessite qu'un coup d'œil rapide avant d'être publié, un autre ne fonctionnera pas de cette manière. Certains aiment être dans l'échange et passer par plusieurs étapes de révisions.

La plupart des indépendants de longue date travaillent avec une combinaison de ces deux profils. Ne partez pas du principe qu'une seule méthode est la règle. Comme dans tout lieu de travail, la méthodologie est un élément de la culture d'entreprise et peut être radicalement différente selon la publication. "Soyez transparent quant à l'ampleur du projet et au nombre de révisions que vous prévoyez", déclare Sonia Weiser, rédactrice de la newsletter Opportunities of The Week.

Je demande souvent en amont comment le responsable éditorial avec lequel je vais travailler aime fonctionner. Qu'attend-il d'un brouillon ? Veut-il voir quelque chose d'aussi proche que possible du résultat final ou préfère-t-il un plan détaillé sur lequel nous pouvons travailler ensemble ?

Ne partagez pas les pitchs que vous recevez

Ne prenez pas le pitch d'un pigiste pour le donner à un rédacteur salarié ou à un autre pigiste. Cela aussi parait évident, mais cela arrive, même si, heureusement, moins qu'avant, car bien sûr, les informations circulent. Cela m'est arrivé trois fois, à chaque fois dans des médias relevant de la même société mère. La préparation d'un reportage et l'élaboration d'un argumentaire prennent du temps, du temps pour lequel notre rémunération n'est pas assurée.

Nous vous prions également de ne pas tweeter le texte des pitchs ou de nos échanges. Vous pouvez penser que notre proposition ou notre approche est excentrique ou ne convient pas, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. En tweetant une idée, vous pouvez par inadvertance transmettre notre idée à quelqu'un d'autre.

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Faites valider les titres choisis

Il est important de représenter correctement le reportage après coup, notamment en ce qui concerne le choix des titres.

"Permettez aux pigistes de voir le titre choisi avant la publication", demande Mme Weiser. "Parfois, les titres ne représentent pas l'essence même de l'article. Ils sont très trompeurs et les pigistes sont mécontents de la façon dont leurs articles sont promus."

Soyez transparent sur le calendrier

Etre pigiste est souvent un emploi à temps plein. Ce n'est pas toujours une activité secondaire. D'ailleurs, le plus souvent, ce n'est pas le cas. Ceci n'est pas une nouveauté. Veuillez respecter notre temps et notre énergie de la même manière que vous attendez de nous que nous respections les vôtres.

L'élaboration d'un pitch prend du temps. Les freelances préfèrent que vous leur répondiez rapidement, surtout s'ils les propositions ont un calendrier serré. L'envoi d'un "non" rapide à une proposition d'article peut être décevant, mais il nous permet de l'envoyer à un autre média tant qu'il est encore temps.

Une fois qu'un article est commandé, soyez transparent et clair sur votre calendrier. Si un article est plus pérenne et qu'il doit rester en suspens pendant quelques jours en raison d'une actualité brûlante, cela fait partie du jeu.

Tenez votre pigiste au courant. "Si les choses changent, envoyez un e-mail avec une mise à jour. J'ai d'excellents responsables éditoriaux avec lesquels j'aime travailler à qui il arrive d'avoir une semaine de retard, mais entre-temps, ils ont envoyé un e-mail disant : 'Je ne peux pas m'occuper de ça tout de suite, mais je m'en occuperai la semaine prochaine'", raconte la journaliste indépendante Shivani Persad. "Ce n'est pas grave si les choses changent. Ce n'est pas grave si les délais changent. Nous devons être flexibles mais nous ne sommes pas devins. Nous ne sommes pas des salariés branchés au canal Slack interne."

Gardez à l'esprit qu'un article ne concerne pas seulement l'auteur ou le travail qu'il a fourni. Il s'agit également des sources interviewées pour un article, qui ont gracieusement pris le temps de parler et dans certains cas, se sont ouvertes sur un événement traumatisant. Mme Persad a récemment écrit un article lié à un événement majeur de l'actualité dans lequel les sources devaient parler d'une expérience vulnérable. L'article n'a toujours pas été publié et aucune information claire sur une prochaine publication n'a été donnée.

Rémunérez les indépendants de manière juste, même si vous ne publiez pas leur article

Ce n'est pas parce que les révisions ne sont pas à la hauteur de vos attentes que vous ne devez pas continuer de travailler sur un article. J'ai récemment écrit un article qui a été rejeté sans dédommagement après un mois de travail parce que le responsable éditorial a estimé que l'article nécessitait plus de révisions qu'il n'en avait la capacité. Refuser de payer pour le travail et le temps consacrés ne serait pas acceptable dans d'autres secteurs. Le journalisme ne doit pas être l'exception à cette règle.

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Comme pour un salaire, la négociation d'un tarif est un art. C'est un donnant-donnant entre un freelance et un commanditaire. L'avantage d'un tarif fixe est assez explicite. Personnellement, c'est ce que je préfère. Il est beaucoup plus facile d'évaluer mes revenus entrants de cette façon.

Cependant, tous ne sont pas d'accord et sont plus ouverts à la rémunération au mot. Toutefois, le fait de réduire le nombre de mots peut parfois donner l'impression d'avoir été coupé simplement pour réduire les coûts plutôt que pour la qualité éditoriale.

Les responsables éditoriaux doivent veiller à expliquer pourquoi les taux de rémunération sont ce qu'ils sont et pourquoi. "Récemment, j'ai écrit pour un média numérique avec un nombre de mots défini à 600 mots, mais ils voulaient que j'inclue deux sources et le sujet était beaucoup trop compliqué pour cette longueur", se souvient Brittany Robinson, créatrice de la newsletter One More Question. "Je pense maintenant que le nombre de 600 mots était basé uniquement sur le fait d'annoncer qu'ils payaient 0,50 dollars US par mot, ce qui n'est plus un bon taux une fois que vous avez passé des heures à essayer de ciseler un article qui devrait vraiment être de 1 500 [mots]. Je comprends que de nombreux critères régissent le choix du nombre de mots, mais c'est tellement utile lorsque le responsable éditorial fait preuve de transparence sur ce sujet."

La cohérence des conditions de paiement est également importante. Soyez ponctuel dans vos paiements et respectez le calendrier des paiements. Et surtout, soyez clair sur ce que vous pouvez payer. Pour faire écho à ce que l'autrice d'Opportunités de la semaine Sonia Weiser tweete régulièrement, merci de partager vos tarifs.


Andy Hirschfeld est un reporter basé à New York, dont le travail se concentre sur les questions liées au coût de la vie. Il écrit pour Al Jazeera English, The Observer, OZY, Salon, CNBC, entre autres. Il anime également l'émission d'audience nationale d'actualité économique Business Brief.

Photo par Georgie Cobbs sur Unsplash.