Les vaccins contre le COVID-19 expliqués par des scientifiques

porRomain Kossi DEKADJEVI
Apr 7, 2021 en Couvrir le COVID-19
Un soignant pratique une vaccination

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Le début d’année 2021 marque le lancement des campagnes de vaccination contre le COVID-19 à travers le monde. Lesquelles campagnes sont parfois empreintes de doutes et critiques au point que certains pays suspendent les injections malgré les assurances de l’OMS.

Mais que sait-on exactement sur les différents vaccins et leur efficacité ? Comment expliquer les vagues de défiances envers lesdits vaccins ?

Helen Trottier, professeure agrégée de l’Ecole de santé publique de l’université de Montréal au Canada et le Docteur Menelas Nkeshimana, médecin, chef du département Accidents & urgences au Centre Hospitalier Universitaire de Kigali (CHUK) et vice-président de l'Association médicale du Rwanda apportent des clarifications à ce sujet. 

Parmi les vaccins d’AstraZeneca, de Pfizer-BioNTech, de Moderna, de Johnson & Johnson, de Spoutnik V, de Novavax, de Sinopharm et de Sinovac, lequel serait le plus efficace, le plus performant et le meilleur pour lutter contre le COVID-19 ? C’est le fil d’Ariane qui a conduit les interventions virtuelles du jeudi 1er avril. "Ce serait un peu dangereux de faire des comparaisons directes", introduit Helen Trottier. 

Mais elle précise qu’avec des données de laboratoire, "on sait que le vaccin Pfizer est un peu supérieur quand on parle d’efficacité", avant de nuancer que tout "dépend des autres mesures derrières les vaccinations. Ce n’est pas la seule chose à prendre en compte". 

[Lire aussi : Conseils pour couvrir la sortie des vaccins contre le COVID-19]

 

Dr Menelas Nkeshimana met quant à lui en exergue, l’esprit de collaboration scientifique qui précède l’autorisation de ces vaccins et fait d’eux, des vaccins efficaces. 

Le Rwanda, qui est d’ailleurs le premier en Afrique à vacciner ses populations avec le Pfizer BioNTech, entretient une collaboration avec l’Université de Californie par le truchement du Rwanda medical center pour suivre un nombre de patients. Le but est d'établir avec le temps combien d’anticorps seront gardés à long terme, a-t-il confié.

Mode de fonctionnement des vaccins

Selon Helen Trottier, quand un virus infecte une cellule il y a tout un processus qui se déclenche, puisqu’il y a des virus ADN et virus ARN. Plus simplement il faut retenir suivant les explications du Dr Menelas Nkeshimana que "le vaccin sert à stimuler l’immunité de la personne, à reconnaître l’intrusion et de l’avoir en mémoire pour que lorsque dans l’avenir, l’organisme rencontre le même pathogène, il puisse produire des anticorps pour l’éliminer".

Mais il y a plusieurs façons de réaliser de mécanisme immunitaire poursuit le Dr Menelas Nkeshimana. "Avec la technologie, on va mettre l’ARN qui est un messager en contact de la personne. Il va rentrer dans sa cellule et va fabriquer des protéines qui ressemblent aux protéines du virus. L’organisme ne pouvant pas faire la différence entre les protéines du vrai virus et celles des anticorps fabriquées par le ARN messager. D’où la réaction immédiate".

Ceci dit, il peut advenir que ces anticorps qui doivent garder le virus en mémoire disparaissent des mois après. Ce qui amène Dr Menelas Nkeshimana à émettre à ce niveau de son explication un bémol et d’affirmer que "c’est trop tôt de dire ce qu’on va obtenir de ces vaccins. On saura avec le temps".

Quid des effets secondaires

Il faut retenir d’entrée avec Madame Helen Trottier que tout médicament a un effet secondaire. Menelas Nkeshimana de déclarer qu’après injection des vaccins, "il y a des gens qui n’ont rien du tout, d’autres ont des bras gonflés mais c’est transitoire. Il y a eu aussi des sensations de fièvres. Mais c’était vraiment transitoire soit une journée ou deux jours".

Menelas Nkeshimana explique que, les effets secondaires les plus graves comme les cas de thromboses en Europe, n'apparaissent pas dans les statistiques au Rwanda. Ce qui justifie d’ailleurs la raison pour laquelle le Rwanda n’a pas interrompu la vaccination face au doute sur l’efficacité d'AstraZeneca, conclut le docteur qui précise que le coronavirus est un virus par excellence thrombotique, puisqu’il peut se manifester avec une maladie liée à la thrombose. 

Entre la peur de la pandémie sur les réseaux sociaux et les assurances des experts, que retenir ?

De sa position de chercheure indépendante depuis des années, Helen Trottier croit qu’il n’y a aucune une part de vérité dans ce qui se dit sur la vaccination sur les réseaux sociaux. Pour elle, il s’agit plutôt d’une masse de personnes mal informées sur ces vaccins sur Internet face auxquels il faut faire très attention, alerte-t-elle. Car la vaccination, répète-t-elle, "c’est un outil fantastique comme le virus. Cela sauve des milliers, des milliers et des milliers de vies". 


Photo sous licence CC Mat Napo via Unsplash


Romain Kossi Dekadjevi est journaliste à Radio Tokpa au Bénin. Ses reportages portent sur principalement sur les questions de développement durable, l'environnement, le changement climatique et la santé. Il est le gagnant du concours ACCER 2020 dans la catégorie Radio.  

Romain a précédemment travaillé comme correspondant d'Afrika7 au Bénin, couvrant l'élection présidentielle. Il est actuellement le coordonnateur de la zone Afrique francophone de DIRAJ un réseau des journalistes spécialistes des risques de catastrophes.