Cinq avantages des MOOCs pour les journalistes

parChloé-Anne Touma
21 juil 2020 dans Journalisme digital
Une femme sur son ordinateur

À ne pas confondre avec les webinaires, les MOOCs (Massive Open Online Course) sont des cours en ligne ouverts à tous gratuitement, s’étendant sur plusieurs semaines et sollicitant la participation active à des lectures vidéo et textuelles, tests et discussions, puis la réalisation d’autres tâches de nature intellectuelle, le tout couronné par l’obtention d’un certificat.

Très utile pour tout professionnel souhaitant compléter sa formation ou se mettre à jour dans un domaine particulier, le MOOC permet d’interagir entre pairs ainsi qu’avec des instructeurs au sein d’un groupe hétérogène, et d’apprendre au travers de séminaires, entrevues, textes informatifs et analyses. 

Parmi les plateformes de MOOCs en vogue, on compte FUN (France Université Numérique) et My MOOC, ainsi que celles des universités offrant leurs propres MOOCs en santé, en économie et en science de l’environnement, par exemple. 

Pour un journaliste, nombreux sont les avantages de s’inscrire à un MOOC :

1. Un enseignement de qualité et efficace

Même si leur complétion n’est pas récompensée par les crédits qu’octroient les cours universitaires, les MOOC sont de qualité et enrichissants, disponibles pour autant de matières et sujets complémentaires à nos connaissances journalistiques.

Pour Duncan Anderson, journaliste indépendant qui vient de s’établir à Montréal et qui enchaîne les MOOCs, ce type de formation à distance est bénéfique mais requiert un objectif de départ et de la motivation : "Je pense que les MOOCs sont super pour les professionnels qui souhaitent développer une nouvelle compétence rapidement et s’en servir dans l’immédiat. Le problème des cours en ligne, selon moi, est que les gens ont tendance à se démotiver après quelques semaines ou un mois si le sujet n’est pas directement lié à leur pratique. Mais le MOOC est une très bonne façon de réseauter et de rencontrer d’autres professionnels et esprits érudits".

2. L’accessibilité et la flexibilité

Peu importe votre mode de vie, le MOOC reste compatible avec votre horaire, et ne présente aucune contrainte de temps puisque vous pouvez en suivre les étapes à votre rythme, sans échéancier. L’accès à tout le matériel du cours est gratuit, bien qu’il faille en général payer pour l’émission du certificat après sa complétion.

3. Une réponse à un besoin urgent

Lorsqu’une nouvelle réalité à laquelle nous n’étions pas préparé nous amène à vouloir acquérir des notions extracurriculaires, le MOOC apparaît comme une solution tout à fait optimale. Avec la crise sanitaire qui s’est imposée sans s’annoncer, les journalistes ont dû apprendre à trier, communiquer et vulgariser de l’information scientifique toute fraîche, malgré de nombreuses incertitudes.

Comme l’explique l’épidémiologiste Michael Olsterholm, interviewé au cours d’un MOOC animé par la journaliste américaine Maryn McKenna et présenté par le Knight Center for Journalism in the Americas, "l’un des défis auxquels les journalistes font face lorsqu’il s’agit de couvrir le domaine de la santé publique réside dans le fait que beaucoup de questions restent à ce jour sans réponse, ce qui semble incompatible avec leur mission qui consiste à communiquer et rétablir la vérité". Le MOOC a rendu cette tâche moins intimidante, grâce aux séminaires virtuels, aux forums et aux débats abordés d’un point de vue international et scientifique.

4. Une vision plus globale et critique

Les MOOCs favorisent une interaction libre et interculturelle propre à aucune autre plateforme d’échange, contournant les barrières à l’accès à l’information que pourrait représenter une politique de censure locale. Les étudiants des quatre coins du monde qui suivent un MOOC, et qui normalement auraient moins d’occasions de communiquer avec la presse étrangère, livrent divers témoignages relatifs à leur réalité locale qui profitent à l’ensemble de la communauté, tout en bénéficiant d’une perspective plus globale de la crise mondiale et qu’ils reflètent ensuite dans leur propre couverture du sujet. 

Selon Maryn McKenna, le MOOC est une occasion de "parler à d’autres journalistes de ce qu’ils font, et à des experts qui nous communiquent l’information pertinente d’un point de vue scientifique, tout en rejoignant une communauté professionnelle de soutien qui sera active à long-terme". Son cours, "Journalisme en temps de pandémie :couvrir le COVID-19 aujourd'hui et dans l'avenir", recommandé par IJNet auprès de ses abonnés, avait attiré pas moins de 9 000 journalistes issus de 160 pays, dont des centaines de francophones.

5. Restez connectés à IJNet et ICFJ pour tout savoir sur les prochains MOOCs

IJNet en français et son association-mère, l'International Center for Journalists (ICFJ), accompagnent les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions en proposant diverses ressources et formations à distance. Vous pouvez toujours vous inscrire aux événements d’ICFJ et participer à son Forum de reportage sur la crise sanitaire mondiale, ou encore vous abonner au contenu d’IJNet pour un accès privilégié aux conseils et aux dernières tendances liées aux MOOCs et au journalisme.


Photo : sous licence CC Brooke Cagle via Unsplash


Chloé-Anne Touma est journaliste et rédactrice bilingue au Canada.

Elle a commencé comme journaliste culturelle et critique musicale pour le média anglophone Montreal Rampage, avant d'être éditrice pour les sites de nouvelles de Microsoft pour le Québec, la France et la Belgique.

Elle produit et traduit du contenu pour divers blogs et médias, en technologie, santé, politique, économie, droit, art et culture.